Marc en Casamance

21 mars 2019

Super Toubib se rit de la grippe !

Bonjour à toutes et tous,

Je reçois les courriers d' Yves Rasir et celui-ci est intéressant comme bien d'autres, mais la grippe semble d'actualité, allons y ! 
Vous allez voir que beaucoup d'idées préconçues tombent.

Le week-end dernier, il y avait un article interpellant dans le quotidien belge auquel je suis abonné. Son titre ? « Comment les médecins se forgent une santé de fer ». Sous-titre : «  Les généralistes développent souvent une immunité aux virus ». En fait, cette accroche était trompeuse car il s’agissait seulement du portrait d’un médecin de campagne expliquant pourquoi, selon lui, il ne contractait jamais la grippe, même en période d’épidémie.  Ce texte était toutefois très alléchant à mes yeux car j’allais enfin avoir la clé d’un immense mystère :  si, comme l’affirme la médecine classique,  les maladies infectieuses sont causées par les microbes, comment se fait-il que les médecins, infirmières et autres membres du personnel soignant ne soient pas constamment malades ? Si la grippe, notamment, est provoquée par un virus, comment font les praticiens de santé pour résister à la vague épidémique annuelle ?  En toute logique pasteurienne, ils devraient se « choper » l’agent infectieux par milliers et leurs rangs devraient être dépeuplés au pire moment pour cause d’alitement. Or, on ne signale jamais que les médecins sont massivement atteints par l’ennemi grippal et obligés de garder le lit pour se rétablir.  Par quel miracle échappent-t-ils au fléau qui s’abat chaque hiver sur leur patientèle ? Cet article me promettait la solution de l’énigme et j’étais donc très impatient de le lire.
 
Le brave généraliste interrogé nous explique d’abord qu’il est très vigilant sur l’hygiène et qu’il se lave les mains à la solution hydro-alcoolique entre chaque patient, tout en évitant soigneusement les contacts physiques avec les malades. Dont acte. Mais en quoi cette précaution  éventuellement valable pour les bactéries est-elle utile face au virus de la grippe ? Si je ne m’abuse, cette maladie est censée se transmettre par voie aérienne.  Selon le dogme pasteurien, on « l’attrape » inopinément lorsqu’une personne déjà grippée parle, tousse ou éternue en notre présence. Elle projette alors autour d’elle des aérosols, de fines gouttelettes qui contiennent les particules virales. À moins de porter un masque protecteur, un docteur n’est donc pas à l’abri de ces escadrilles virulentes. De peur de se souiller les mains,  celui-ci ne salue pas ses patients et évite de les toucher. Mais il n’est nullement protégé au niveau du nez, la voie d’entrée préférée des assaillants microscopiques. En  supposant qu’il continue à respirer pendant la consultation, sa première explication n’est pas très convaincante.  
 
La deuxième ne l’est pas davantage puisqu’elle dénote une ahurissante incohérence. Le généraliste nous raconte en effet que lui et ses confrères d’un certain âge tombent rarement malades parce que « leur immunité s’est renforcée au fil des ans jusqu’à bien souvent devenir une forteresse infranchissable ». À force de se confronter à toutes formes de virus – ce qui est déjà contradictoire avec l’explication n°1 - , lui et ses pairs avec 30 ou 40 ans de carrière seraient devenus plus forts en se dotant progressivement d’un large panel d’anticorps. Nous, on veut bien. Cette hypothèse hormétique est même franchement séduisante. En guise de prophylaxie, les disciples d’Hippocrate pourraient prescrire des stages dans leurs cabinets.  Mais que devient alors la propagande qu’ils nous  servent chaque année ? Si l’on en croit le lavage de cerveau annuel, le virus de la grippe est tellement sournois qu’il change de forme d’une saison à l’autre et qu’il  n’est jamais identique à celui de  la précédente. Notre système immunitaire ne peut donc le reconnaître et l’affronter en puisant dans son stock d’anticorps. C’est bien pourquoi on veut nous vendre et nous administrer chaque automne un nouveau vaccin préparé avec les souches mutantes. Quand Super Toubib nous vante sa forteresse (anti)corporelle érigée naturellement au fil des ans, il entre en contradiction avec sa propre corporation qui nous répète sur tous les tons que l’immunisation artificielle est nécessaire à nos fragiles citadelles. Réalisant probablement sa gaffe, le praticien  embraie alors rapidement sur les avantages de l’arsenal vaccinal : ce dernier lui permet, selon lui,  « d‘accélérer  la construction de son immunité»  et de rester opérationnel en plein pic épidémique.  Cette troisième explication n’est cependant pas moins bancale que les deux premières, pour le simple motif que le vaccin n’est jamais suffisamment au point. Entre le moment où les labos concoctent leur mixture et celui de sa mise sur le marché,  le virus a déjà muté et ne correspond plus aux valences injectées, si bien que la vaccination est très  peu performante. Cette année, par exemple,  il est officiellement admis que l’efficacité du vaccin anti-grippal  ne dépasse pas les 30%, tant les virus qu’on inocule sont différents de ceux qui circulent. Il est donc assez ridicule de lui attribuer tant de mérites immunisants. Il est d’ailleurs notoire que les médecins se vaccinent peu contre la grippe. Les marchands et les autorités leur en font régulièrement le reproche. Selon certaines estimations, seulement 25 à 30% des médecins, infirmiers et aide-soignants se plient bon an mal an à l’injection facultative.  Un rendement potentiel de 30% chez 30% de vaccinés, c’est plutôt  riquiqui. Par quelle  magie un rituel vaccinal si peu efficace et  si peu pratiqué par les premiers intéressés les aiderait-il à se forger une santé de fer ?
 
Au milieu des balivernes déversées par cet article, il y avait toutefois un argument  très pertinent : le médecin interviewé attribue une bonne part de sa résistance au fait qu’il « mise beaucoup sur le sommeil ». «  En période d’épidémie de grippe, confie-t-il à la journaliste, le médecin qui travaille seul ne sait jamais à quelle heure il finira le soir. Or, la surcharge de travail et le manque de sommeil diminuent nos défenses immunitaires ». Ça, c’est intéressant parce que c’est  scientifiquement prouvé. Dans le numéro d’avril de Néosanté, on vous résume justement une étude allemande qui vient de le confirmer.  Stoyan Dimitrov et ses collègues de l’Université de Tübingen ont comparé les lymphocytes T  (un type de globules blancs essentiels à la réponse immunitaire) prélevés sur des volontaires pendant qu’ils dormaient ou qu’ils restaient éveillés toute la nuit. Les cellules T des participants endormis présentaient des niveaux significativement plus élevés d’intégrine, une protéine collante qui adhère aux lymphocytes et leur permet de se fixer à leurs cibles. A contrario, les hormones de stress générées par le noctambulisme inhibent ce phénomène et augmentent la vulnérabilité aux infections. Il n’est guère étonnant qu’une bonne immunité repose sur le repos puisque beaucoup  d’autres travaux ont montré qu’une bonne hygiène de vie globale allait de pair avec un bon système immunitaire. Comme le rappelle involontairement cet article, le microbe n’est rien si le terrain est sain.
 
Le stuût, comme on dit à Bruxelles pour parler d’un souci, c’est que les médecins ne sont pas des champions de l’auto-prévention. Beaucoup bossent… comme des malades et ne se donnent pas le temps de récupérer. Si bien que la profession médicale est de celles – de nombreuses enquêtes l’attestent -  où le surmenage, la dépression et le burn out  sont les plus répandus. Le généraliste questionné dans le journal, qui va se coucher tôt et se lève frais et dispos, c’est plutôt l’exception que la règle. En  conséquence et en principe, les toubibs au bout du rouleau devraient tomber comme  des mouches sous les assauts viraux hivernaux. Or ce n’est pas le cas. Tous ne sont pas des « forteresses infranchissables » mais rien n’indique que leurs  défenses immunitaires sont plus perméables puisque leurs effectifs ne sont pas décimés lors des épidémies de grippe. Quoi qu’en dise son titre, l’article de presse ne nous apprend donc rien  sur les vraies raisons de leur faculté à déjouer le virus saisonnier. Celles-ci sont  évidemment à chercher dans le vécu psycho-émotionnel : comme tout un chacun,  un médecin ne fera pas la grippe s’il ne fait pas le conflit de la grippe, autrement dit s’il n’est pas confronté à des « menaces dans et/ou pour le territoire ».  Cette maladie  correspond à un ressenti d’agression territoriale (généralement verbale) et ses symptômes surviennent en phase de solution post-conflictuelle, comme le décrit très bien la 4ème « loi biologique » du Dr Hamer. Avec cette vision de la santé et de ses troubles débarrassée des erreurs de Pasteur, on comprend beaucoup mieux pourquoi les docteurs –  masqués ou non,  vaccinés ou non, reposés ou non – échappent à la grippe bien qu’ils soient tellement exposés à son prétendu vecteur viral. Sans doute que l’auteure du papier  paru dans mon quotidien, pas plus que son Super Toubib en fer forgé, ne savent de quoi je parle.  Mais avec un minimum de bon sens et d’esprit critique, ils auraient quand même pu  s’éviter de publier des absurdités.

grippe

 
 

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20 mars 2019

Séchage de poissons à Ziguinchor

Bonjour à toutes et tous,

La vie est dure en Casamance ....

 

 

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19 mars 2019

Avoir le temps

Bonjour à toutes et tous,

Dis moi tu as le temps toi ? Tu crois que c'est dû à la couleur ?

temps

Je les entends rire de toute l' Afrique noire .....

 

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18 mars 2019

Que fait la Chine en Afrique ?

Bonjour à toutes et tous,

Quand la Chine s'éveillera… le monde tremblera !!! Alain Peyrefitte en 1973

Hier j'échangeais avec une jeune amie chinoise qui répond au joli nom de Cherry. Je lui parlais entre autre des investissements énormes de la Chine au Sénégal, elle le découvrait ...

La vidéo qui suit vous montre l'emprise actuelle de la Chine sur l' Afrique.

Depuis plus d’une décennie, l’activité de la Chine en Afrique intrigue les pays occidentaux. Dans la plupart des pays africains, le partenaire chinois est en revanche loué. En 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du continent, devant les Etats-Unis et la France. Ces dernières années, elle a surtout prêté des milliards aux pays africains pour la construction de gigantesques projets d’infrastructures. Un schéma qui rappelle sa méthode dans le cadre des « nouvelles routes de la soie », lancée par le président Xi Jinping en 2014.

Le Sénégal :

1. 2005, année de la reprise de la coopération entre la Chine et le Sénégal

C'est le 25 Octobre 2005 que le Sénégal a officiellement repris sa coopération avec la Chine. Celle-ci avait été rompue le 09 Janvier 1996 par le président Abdou Diouf au profit de Taiwan.

Pour justifier la reprise des relations diplomatiques et économiques avec la Chine, le président Abdoulaye Wade avait déclaré : " les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts".

Depuis lors, la coopération entre Chine et le Sénégal est qualifiée de mutuellement avantageuse par les deux pays. Pour preuve, le volume des échanges avec la Chine est allé crescendo. Ils ont été multipliés par 16 entre 2005 et 2017, selon l'ambassadeur de Chine au Sénégal.

2. La Chine, premier investisseur Sénégal

Selon les chiffres de la présidence du Sénégal, les investissements de l'empire du milieu s'élèvent aujourd'hui à 1.156 milliards de FCFA (1, 7623 milliards d' €). Depuis l'accession du président Macky Sall au pouvoir en 2012, environ 900 milliards de FCFA ont été mobilisés pour le financement de nombreux projets dans plusieurs secteurs.

3. Les chantiers financés par la Chine au Sénégal

La Chine a contribué au financement de nombreux projets d'équipements et d'infrastructures de développement socio-économique au Sénégal.

Parmi les acquisitions et projets financés par la Chine :

-Quatre cent six minibus King long d'une valeur de 11 200 000 000 FCFA;

- Acquisition de 235 bus au profit de Dakar-Dem-Dikk, la société publique de transports en commun d'une valeur de 15 000 000 000 FCFA;

- Réalisation de la Boucle 90 kV de Dakar phase 1 d'une valeur de 23 680 000 000 FCFA;

- Réhabilitation et l'extension du réseau électrique à Dakar d'un montant de 41 040 000 000 FCFA ;

- Rénovation de onze (11) stades régionaux ;

- Construction de l'Hôpital pour enfants de Diamniadio .

La coopération entre ces pays se matérialise également sur la plan culturel.

La Chine a financé la construction du Grand théâtre national et du musée national des civilisations noires.

Au plan sportif, l'arène nationale financée et construite par une entreprise chinoise sera inaugurée par les deux chefs d'Etat ce dimanche.

4. Prêts contre investissements, un modèle contesté

S'il est vrai que les investissements de la Chine en Afrique sont importants, il n'en demeurre pas moins qu'ils restent contestés. En vérité, la Chine prête beaucoup plus qu'elle n'investit. Le président de la République Macky Sall a invité la Chine à privilégier davantage les investissements aux prêts concessionnels.

5. La Chine dans le Plan Sénégal Emergent

Selon l'ambassadeur de Chine au Sénégal, son pays est le premier investisseur du Plan Sénégal Emergent, avec un financement total de 884 milliards de FCFA injectés au cours de ces cinq dernières années.

Considéré comme le plus grand chantier du Plan Sénégal Emergent, l'autouroute Ila Touba sera construite par l'entreprise chinoise CRBC.

Le parc industriel de Diamniado également construit par une entreprise chinoise bénéficie du soutien financier de ce pays. La deuxième phase du projet sera financé à hauteur de 60 milliards de FCFA par la Chine.

Mais les relations entre la Chine et l’Afrique peuvent-elles vraiment être « gagnant-gagnant » ? Et que cherchent vraiment la Chine et son ambitieux président en Afrique ? Explications en cartes et en vidéos.

 

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17 mars 2019

Les Anciens et Amis de la Casamance

Bonjour à toutes et  tous,

Les Anciens et Amis de la Casamance n'arretent pas leurs actions pour la Casamance. Depuis 1993, 250 véhicules ont été convoyés vers la Casamance et offerts comme ambulance dans des centres de santé, des dispensaires de brousse.
Tout les 2 ans un convoi d'une vingtaine de voitures part d'Olby pour rejoindre Ziguinchor en Casamance, en convoi et par la route.
Ils profitent aussi des véhicules pour acheminer du matériel médical, des pièces détachées, des fournitures scolaires, du matériel informatique. L'école Harmonie ( association Sous le Manguier) entre autre, reçoit du matériel et des fournitures lors de ces raids.

Il y a parfois des acheminements ponctuels comme celui de ce début d'année. 3 voitures ont quitté Olby le 21 février 2019 pour arriver à Ziguinchor le 5 mars.

Les 3 véhicules arrivées en Casamance.

kaangoo

 

 

 

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16 mars 2019

Les 3 singes

Bonjour à toutes et tous,

Je suis certain que vous avez déja vu le quatriéme ... meme s'il ne vous a pas vu, ne vous a pas entendu et ne vous pas parlé ...

singes

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15 mars 2019

Humanitude.

Bonjour à toutes et tous,

Derniérement j'ai rencontré 2 anciens collègues de travail qui sont de véritables  amis.

Pascal dont la maman est dans un Ehpad nous a parlé d’humanitude, je découvrais le mot mais son explication sur ce qu’il y avait derrière m’a immédiatement transportée vers mes Amis lointains du Népal, de Mongolie, du Sénégal, etc…avec qui j’ai tissé des liens forts et qui heureusement continus malgré le temps et la distance.

Définition.

L’Humanitude s’intéresse aux liens qui permettent aux humains de se rencontrer quelque soit leur état, leur statut.
Le maintien de ces liens s’appuie sur trois piliers relationnels, le regard, la parole, le toucher et un pilier identitaire, la verticalité.
Ces quatre piliers constituent les bases incontournables, vitales des relations humaines positives tout au long de notre vie.
En redéfinissant ce qu’est un soignant, ce qu’est la notion de personne et de personne aidée, l’Humanitude permet de professionnaliser au travers de 150 nouvelles techniques de prendre-soin, un véritable accompagnement dans la bientraitance.

Etre au plus près de celui que l’on « visite », être là face à face et être seulement humain dans le sens le plus « basique », pas de rang social, pas de couleur, pas de plus intelligent, parler, écouter, rire, pleurer, échanger. L’humanitude est définie comme étant entre autre un véritable accompagnement dans la bientraitance, mes rencontres sont ainsi et comme cela est bon, tout simplement.

Partageons l’ Humanitude sans restriction, c’est un baume naturel …

 humanitude

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14 mars 2019

Chavarot.

Bonjour à toutes et tous,

Chavarot

Le hameau a donné le nom à la pierre qui a servie aux constructions de maisons

Il y avait une ancienne colonie de vacances ,une piscine .

La colonie est devenue centre d'Ailleurs.

On y organise des spectacles et des conférences.

chavarot village

Et la Chavarotte a peut être participé à moudre du blé pour un gâteau préparé par vos grands parents auvergnats !

chavarotte

 

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13 mars 2019

Un regard

Bonjour à toutes et tous,

 

sourire

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12 mars 2019

La tontine, ou le micro-crédit au féminin, fait recette au Sénégal.

Bonjour à toutes et tous,

Une fois par semaine je voyais les femmes se réunir pour une tontine dans différents lieux de Kobiténe, mais qu'est ce donc que ces tontines ?

Après des mois d'attente, la Sénégalaise Ndèye Khari Pouye touche la cagnotte de la tontine, qui lui permettra de nourrir son élevage de poulets. Assise sur une natte à même le sol, l'heureuse élue cache mal son sourire.

Le bonheur de cette quinquagénaire, entourée par des femmes en boubou, est partagé par l'assistance, des habitantes de Médina, un quartier de la commune de Grand-Mbao à la périphérie de Dakar.

"C'est mon tour. Je viens de remporter les 300.000 FCFA de la tontine", précise Ndèye Khari Pouye, soit un peu plus de 450 euros.

Comme dans beaucoup d'autres pays africains, de très nombreuses Sénégalaises participent à une tontine pour financer leurs projets. Ce système d'épargne collective tournante, où chacun cotise et reçoit à tour de rôle, permet de surmonter les difficultés d'accès au crédit ou de taux d'intérêt dissuasifs. Ancré de longue date dans la culture africaine, il est largement le fait des femmes, mais des tontines mixtes existent aussi.

"La tontine est la seule façon d'économiser mon argent. Les taux d'intérêt à la banque sont trop élevés", confie Ndèye Binta Ndoye, qui participe à quatre tontines en même temps, dont celle de "tante Fatou", dans un autre quartier de Grand-Mbao.

De plus, "les institutions financières te font signer des tonnes de papiers, même des choses que tu ignores. Pour une analphabète comme moi, c'est trop compliqué", ajoute cette coiffeuse de profession, qui confie n'avoir "pas fait l'école".

'Femmes plus ambitieuses'

Toutes les générations se côtoient et l'ambiance est bon enfant. Sur des chaises ou à même le sol avec des nourrissons dans les bras pour certaines, à tour de rôle, les femmes plongent leurs billets d'argent dans une calebasse.

"Chaque membre cotise 2.000 FCFA (environ 3 euros). On réunit la somme de la cagnotte qui est de 500.000 FCFA (environ 760 euros) et on la remet" à un gagnant chaque jeudi, explique "tante Fatou", de son vrai nom Fatou Cissé, gérante de cette tontine qui compte 250 membres et dure cinq ans.

Si dans certaines tontines l'argent est remis en mains propres, dans d'autres il peut être versé par un système de paiement par téléphone mobile, d'un usage devenu courant au Sénégal.

"Du temps de nos mères et grand-mères, les personnes du même âge se réunissaient pour former une tontine. L'argent qu'elles gagnaient servait aux fêtes familiales, comme les baptêmes", indique Fatou Cissé, une institutrice à la retraite.

"Maintenant, les femmes sont plus ambitieuses. Nous avons pris conscience que le gaspillage dans des cérémonies ne servait à rien et qu'il fallait investir (l'argent de la tontine) dans une entreprise durable", souligne Ndèye Binta Ndoye.

"Je suis la première femme d'un foyer polygame. Mon mari a entamé la construction de la maison et a eu des difficultés financières. Il nous a demandé, à ma coépouse et moi, de terminer" les travaux, dit-elle.

"Grâce à la tontine, j'ai construit trois chambres et un salon. J'attends de remporter encore une cagnotte pour construire le reste. Si les tontines n'existaient pas, je serais contrainte de contracter un crédit à la banque", poursuit la coiffeuse.

A Grand-Mbao, la seule autre solution de crédit est un réseau mutualiste qui exigerait une caution représentant 20% du prêt et un taux d'intérêt de 1,77%, avec un délai de remboursement de dix mois, selon une source proche du dossier.

Système de discipline collective

La tontine sert non seulement à lancer des projets, mais aussi à maintenir à flot des entreprises en difficulté, comme l'activité d'aviculture de Mame Ngoné Cissé.

"J'ai subi des pertes énormes au début de mon projet. Mais grâce à l'argent de la tontine, j'ai pu redémarrer mon activité. Dieu merci, mon business se porte bien", témoigne-t-elle.

Les tontines ont des comités de gestion, formés de cinq à huit personnes sachant lire et écrire, parmi de nombreuses partenaires illettrées.

Elle a beau n'avoir jamais étudié la comptabilité, c'est à Mané Niang, qui a arrêté ses études en première année de collège, que revient la lourde tâche de compter et recompter les billets de la tontine du quartier de la Médina.

"Je ne me trompe presque jamais dans le comptage de l'argent (...) J'appelle le nom d'une personne et elle vient déposer l'argent dans la calebasse. On calcule ensuite ensemble la somme. Nous vérifions toujours à l'aide d'une calculette", rassure-t-elle.

Pour renforcer la confiance et la transparence, des mesures sont prises. Par exemple, celle qui garde la caisse de la tontine ne réside pas dans le même domicile que celle qui en a la clef.

Des systèmes d'amende et de punitions symboliques sont également prévus pour pousser les membres à cotiser régulièrement.

"Une membre qui accuse un retard paie une amende de 200 FCFA. Et si elle persiste dans son retard, on la rétrograde sur la liste des prochaines gagnantes de la cagnotte. Il arrive même qu'on ne lui accorde pas de prêt jusqu'à ce que sa cotisation à la tontine redevienne normale", explique la gestionnaire du quartier de Médina, Mané Niang.

Mais la sanction de tout manquement aux obligations collectives est surtout d'ordre social.

"Culturellement, nous les femmes accordons beaucoup d'importance à la dignité et notre image face à la société", souligne Awa Cissé, à la tontine de "tante Fatou". "On n'ose pas +manger l'argent+ des tontines sans payer: sinon tu vas en entendre parler jusqu'à tes petits-enfants..."

tontine

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